jeudi 11 septembre 2008

Des nouvelles, la nouvelle !

Non je n'annonce pas un heureux évènement, ou plutôt pas le traditionnel heureux évènement.
C'est tout de même une bonne nouvelle, disons plutôt une décision (ce qui est déjà beaucoup pour moi).

Pour ceux qui avaient peur de ne plus rien apprendre de l'Islande,
soyez rassurés, car vous êtes invités
a venir me voir sur mon ile dans un an.
Car une fois qu'on y a posé les pieds,
on n'en repart plus vraiment,
alors comment dire non lorsqu'on vous propose
de venir s'installer trois ans en Islande ?

mardi 5 août 2008

Greenland thrills...


Oui je suis en retard ! Mais le temps passe, 1000 choses à faire et presque autant à penser, ça occupe pas mal. Bientot un descriptif non exhaustif de la vie Islandaise dans toute sa splendeur et surtout... Un compte-rendu des folles aventures du week-end dernier où on est allées avec les filles a Þjóðhátíð, festival 100% islandais, trois jours de folie pure ! Ca va laisser des traces... Enfin, en attendant, voila mes Greenland days.

*********

Je suis partie Jeudi 24 juillet, vers midi, mais le vol à été retardé de 1h à cause de mauvais temps au Groenland. Finalement, on est montés dans l'avion.... On était 7 personnes dans un avion 50 places ! Fou ! Avec une hôtesse pour 3 personnes, on a été servis comme des rois, le soleil nous accompagnait... Puis on a commencé la descente. Et là, premier choc : après la traversée d'une couche de nuage longue de 15 minutes (mais depuis quand les distances se mesurent en minutes ?), le Gro est apparu dans toute sa digne splendeur : des îles, des icebergs sur la mer d'un bleu si fonçé, et la neige sur les sommets... Pouah. J'ai rarement eu le souffle aussi coupé.

On a atterri dans un temps epouvantable, la piste de l'éeroport c'est du gravier... La salle d'arrivée était decorée d'une magnifique peau d'ours polaire, ça donne le ton. Les valises sont négligement jetées sur le sol, à toi de les récupérer. En même temps, il n'y en avait pas tant que ça... Quand je suis sortie de l'aéroport, un temps plutôt affreux m'a acceuilli, avec force pluie et vent. Je n'ai pas eu froid grâce au pull islandais magique et la parka imperméable. Mais le vent soufflait beaucoup, ce qui m'a même gelé un peu les yeux : une sensation inedite !
J'ai rencontré un guide de Kulusuk, enfin LE guide de Kulusuk, qui est ici pour s'occuper des touristes qui viennent pour une journee au Gro (une formule proposee par AirIceland). Il n'y a pas beaucoup de touristes qui viennent indépendamment comme je l'ai fait. Bref, il m'a indiqué où je pouvais planter ma tente, à côté du village près du lac, mais un peu éloigné des habitations quand même. Il m'a proposé de m'emmener en quad au "terrain de camping" mais je préferais marcher un peu, de l'aéroport jusqu'au village ça prend environ 20 min. J'ai dépassé le seul hôtel de Kulusuk, le temps toujours atroce. Le guide m'a dépassé avec son quad, s'est arreté puis m'a reproposé de m'emmener alors j'ai fini par accepter, plutôt sympa une balade en quad ! En descendant, il m'a dit en pointant du doigt un vague chemin qui allait vers des collinettes :
" Bon, c'est là bas, tu marches un peu en traversant le pont et puis, tu plantes ta tente où tu veux !
- Ok, enfin, je dois demander à quelqu'un pour m'installer à un endroit précis ?
(genre où je paye aussi...)"
... Hum. Mon ami le guide s'est bien marré en entandant ma dernière phrase.
" Disons qu'il n'y a personne, tu campes où tu veux !
" Aaaaah, je vois !
Il était 15h, j'ai planté ma tente, en essayant de me fier à mon (inexpérimenté) instinct de randonneuse pour trouver un endroit plus ou moins abrité du vent par un pan de colline. J'ai galeré pour planter ma tente avec ce vent et la pluie... Heureusement, la veille j'avais acheté des vêtements waterproof, j'ai donc évité de ressembler à une serpillère dès ma première heure en terrain Greenlandais. J'ai laissé mon sac dans la tente pour ne pas qu'elle s'envole, je suis retournée au village où toutes les boutiques (c'est a dire la poste, l'alimentation et la boutique de souvenirs tenue par le guide) ferment a 16h. J'ai reparlé un peu au guide :
"- Il y a quoi à faire sinon le soir ?
- Heu.... bah rien.
- ... Ah ok. Donc quand tout ferme a 16h....
- ... ben y'a plus rien à faire.
- Ah. Je vois.
...
- Bon sinon y'a des balades à faire sur l'ile ?
- Oui, enfin tu marches où tu veux.
- Ah. Ok.
- Enfin sinon c'est assez sympa de marcher sur cette montagne, t'as une belle vue, et apres tu reviens par les fjords... Ca va pour une après midi !
- Ah cool !
- Ah oui mais il faut faire un peu attention...
- Pourquoi ?
- Parce que dans ce fjord là il y a des ours polaires.
- Hein ?? Des ours polaires sur l'ile ? Mais on est même pas sur l'ile principale du Groenland !
- Oui mais il y en a ici. Tiens dimanche dernier ils en ont tué un à 50 mètres du village.
- Ah. Je vois. Bon !"


Je suis retournée à ma tente a 17h après avoir fait le tour du settlement, où apres 16h il n'y a plus personne dans les rues. Il faisait mauvais encore, j'ai vu un mec nourrir ses chiens en leur donnant un phoque entier, qu'ils ont dépecé en moins de deux pendant que les autres chiens du village hurlaient àla mort.... Ambiance. Je suis rentree dans ma tente, trempée, et la j'ai vu mon duvet et mon sac, je me suis dit : Bon je vais rester la jusqu'a demain matin quoi... Pas possible de manger dehors avec le temps, ni de laisser la tente ouverte, et il fait jour, je peux pas dormir de suite....
Et là, d'un coup, je me suis sentie paniquer, à mort, je sais pas d'où c'est venu ni toujours pas pourquoi j'ai paniqué comme ça, mais j'ai commencé à avoir des sueurs, mon coeur battait a fond, je le sentais dans mes oreilles, et j'avais plus qu'une pensée : Faut que je parte d'ici, faut que je parte d'ici,  faut que je parte d'ici. Alors j'ai rempaqueté la tente, mes affaires, je me suis rhabillée, je suis retournée a l'hôtel àpied, priant pour une chambre de libre. Il y en avait, mais ça n'a pas suffit à me rassurer : même jusqu'avant de me coucher, je sentais encore la panique dans mes veines. J'ai cherché a savoir pourquoi, à comprendre, mais je n'ai pas trouvé.

Le lendemain matin, il faisait beau. Soleil radieux. Alors je suis retournée au village, j'ai replanté ma tente. Mais le truc au Groenland, c'est que si t'as pas la pluie t'as les moustiques, et des gros et en surnombre. J'avais mon anti-moustique mais ces bestioles volent autour de ta tête en paquets de 50 et cherchent imbécilement à rentrer dans ton nez, tes yeux, ta bouche. Plutôt pénible. Surtout l'endroit où j'ai (re)planté ma tente, j'avais carrément un nuage autour de moi. Je suis retournée au village, me demandant ce que je pouvais bien faire. Je me sentais pas trop d'aller marcher seule, peut-être à cause de cette histoire de polar bear et peut-être un peu de peur de me perdre aussi. Je voulais aller en bateau à Tasiilaq, la "ville" la plus grande de l'East Greenland, mais en discutant avec les locaux je me suis rendue compte que ce qu'ils me demandaient pour aller là-bas en bateau était presque aussi cher que de prendre l'hélicoptère... c'est à dire Oulalala, oh c'est cher. Et puis après une nuit à l'hôtel, ma carte bancaire n'en voulait pas plus. Et puis c'est fini le bon vieux temps où la SoGé laissait les gens jouer avec son argent... Dommage. Bref, mon projet du jour tombait à l'eau, et qui tombe dans l'eau du Gro survit pendant 4 minutes. C'est dire.

A rester méditer sur le port de Kulusuk, au milieu des odeurs de poisson, en contemplant ces icebergs ainsi que les canettes de bière flottant sur la baie, j'ai recommencé a sentir cette panique monter dans mon corps. Ma partie incontrôlable du cerveau m'a insufflé cette idée : "Il faut que je rentre a Reykja. Je suis pas faite pour etre ici." Alors j'ai cédé a cette idée, je suis repartie chercher ma tente au milieu des moustiques, et j'ai marché encore une fois jusqu'a l'aéroport. Je suis arrivee la bas morte de chaud, pleine d'anti-moustiques, prête a supplier pour avoir une place d'avion dans la journée sur un vol retour. J'en pouvais plus. Je voulais surtout pas repasser une nuit toute seule. Mentalement et physiquement vidée.

Arrivée à l'interieur de l'aéroport, personne. Juste un genre de comptoir, trois chaises, deux tables, la boutique de souvenirs mais pas un être humain, pas un bruit. Il y avait juste un petit avion genre privé qui venait d'arriver, donc il y avait des gens sur leur gravier qui fait office de tarmac, mais personne à l'intérieur. J'ai sonné, resonné, personne. Et finalement un garcon est entré, il descendait de l'avion qui venait d'atterir. Je lui ai demandé s'il avait vu quelqu'un qui pourrait m'aider parce que je voulais retourner a Reykjavik. Il m'a dit que non, il y avait juste le personnel de maintenance et c'était bien tout. Il m'a demandé si ça faisait longtemps que j'étais ici, et là j'ai dû lui raconter ce qui m'etait (non-)arrivé, et je me suis sentie craquer. J'arraivais même plus à me contenir. Il m'a fait un hug de reconfort, et m'a propose un cigarillo pour me remettre en place (oh oui ça a marché !). En fait, il s'appelait Mike, du Canada, et il faisait partie d'une équipe de scientifiques qui bossent pour la Nasa. Ils cartographient les glaciers pour voir l'évolution de leur fonte. Alors comme lui s'occupe de réparer l'avion, il reste a terre quand ils vont en mission de cartographie. Du coup, il m'a propose de rester avec eux si je ne voulais pas être toute seule. Il a été prévenant, j'essayais de me remettre de ma mini crise de nerfs. Le reste de la journee on l'a passé à se balader (encore une fois) dans le village. Le soir on a retrouvé l'équipe de scientifiques, ensemble on a discuté et j'ai appris plein de choses interessantes : la vie d'un physicien cartographieur de glacier, tous ces pays visités, les misisons en Arctique, en Antarctique, l'hiver au Pôle Nord... Ouaah.
J'ai redormi a l'hotel (le porte monnaie en a repris un sacre coup) car je ne me sentais toujours pas de camper dehors. Le lendemain, samedi, il faisait encore mauvais temps, on est restés dans les parages avec l'équipe car il ne pouvaient pas partir en mission dans ces condition. J'ai visité leur avion avec tout l'équipement, vraiment cool. Complètement.

Donc voila, j'ai passe trois jours dans une bulle à part :  j'ai rencontré des gens super, même des locaux, les paysages... Déments. J'ai gouté de l'iceberg et la mer Atlantique (si salée !! c'etait si bon !!). J'ai eu peur comme jamais, j'ai été rassurée. Que des choses inattendues et décalées (fumer un cigarillo et boire du scotch (un peu) devant les icebergs ) mais qui font que ca restera dans mes cellules grises. Il y a des choses que je n'arriverait pas à expliquer, ce qui s'est passé en interne, en trois jours je me suis sentie vibrer comme jamais. Et ces paysages... C'est ce que je cherchais depuis le début en Islande, que je n'ai pas trouvé encore. C'est de la Nature, ou plutôt la Nature, imposante mais véritable, sans compromis, tu l'aimes ou tu la quittes... en fait, je devrais dire : tu la supportes ou elle t'écrase.


Les photos sont la, c'est assez penible de les ajouter manuellement sur le blog alors je prend le raccourci feignant : http://picasaweb.google.com/pauline.renoux

mardi 22 juillet 2008

Encore une victoire de Canard !


Ca fait un moment que je n'ai pas écrit... Pour cause de manque de temps, mais pas de choses à raconter ! Je ne trouve plus vraiment le temps de dormir non plus à vrai dire... Et mon corps me le fait payer !

Il y a trois semaines maintenant, on est allées passer un week-end à Thingvellir, en se faisant notre propre Golden Circle : Geysir (ouh le gros geyser !) et Gulfoss, la chute d'eau d'un genre Niagarienne. En revenant, on a marché 20 km dans le désert islandais pour revenir à Thingvellir. En arrivant après 6h de marche intense au camping, ayant été confrontées à des moutons et à la traversée de la seule décharge islandaise, on s'est gentiment faites attaquées par des krias, oiseaux islandais pas très pacifiques... Que d'aventures ! Le lendemain, après nuit glaciale au bord du lac le plus grand du pays, on a crapahuté dans le parc classé Unesco. Magnifique, comme tout ce qu'on rencontre ici. On a même pas assez d'adjectifs assez précis pour exprimer avec précision le senti et le ressenti. Alors plus que les mots, les images ! Les photos sont sur l'album Picasa, lien sur la gauche.





Le week-end dernier, direction Thorsmork et mission trek de 30 km. A la base, je pensais le faire en deux jours, ascension le samedi jusqu'en haut du glacier (1100m) et nuit dans le refuge. Descente le dimanche, mais il fallait que j'arrive avant 14h pour prendre le bus, retour Reykja. Un peu challenge...

Vendredi matin, je suis allée au labo avec mon sac de rando + tente, et avant de partir prendre mon bus Musti et Gabriel ont tenu à ce que je prenne leur numéro de téléphone "au cas où, on sait jamais". Je me vois bien les appeler en haut du glacier : "Allô !!! Je suis perdue et j'ai peur, viens me chercher !!". Enfin c'était prévenant de leur part en tous cas. Je suis arrivée à Thorsmork le soir, après avoir pris un bus 4x4 qui a traversé 10 fois la rivière de la vallée pour arriver jusqu'au campement. Le soir, repas sandwich au bord de la rivière et au pied des montagnes... Le coucher de soleil, car oui maintenant il se couche ! a fait rayonner les glaciers là-haut, tout là-haut sur les montagnes.





Le samedi matin, départ 9h30, direction the top of the mountain ! Ca a été galère parfois, traversé des sentiers avec ravin à gauche, ravin a droite, et une pierre au milieu à escalader... Le tout avec le sac sur le dos. Mais je l'ai fait ! J'ai pris mon repas sur un plateau, en sortant le sac de Barcelone, le choc des cultures...






En marchant, j'entendais les glaciers craquer.  Puis, au sommet du sommet, j'ai découvert les glaciers, la terre de lave dessous, les montagnes Oreo. Et en face, les vallées et la mer. Extatique. J'ai couru sur la glace, je me suis sentie repousser des jambes. Du coup, il était 14h, plus question de rester au refuge ! J'ai demandé à plusieurs randonneurs venant en sens inverse si la descente jusqu'à Skogar était longue, ils m'ont dit "No problem, it's downhill !" Ah, ok... Sauf que c'est quoi exactement downhill ? Bon, si vous me dites que c'est easy alors... Je devrais me méfier des Easy trop aisément prononcés. J'ai fait le reste de la marche avec un couple allemand et un francais, qui marchaient depuis 4 jours depuis Landmanalaugar (50 km en 4 jours à leur actif). On a fait la chasse au mouton, suivi des waterfalls, des douzaines de waterfalls, fait des pauses sur l'herbe verte verte... Le tout avec un temps superbe.







On est arrivés au camping à 19h30, total 10h de marche pour 30km, bonne moyenne. Et j'avoue que je ne me croyais pas capable de faire le tout en une journée ! On a posé les tentes au pied de la cascade Skogarfoss, le bruit de l'eau pour s'endormir c'est bien, mais l'humidité, ca congèle... Dimanche, j'ai visité le musée du coin sur la vie en Islande depuis un bout de temps, et j'ai trouvé ma maison.










J'ai retrouvé le wallpaper Windows !

















Jeudi, destination Gröenland...

lundi 7 juillet 2008

28 juin -- Bað með þessir Islendingur


Un petit moment que je n'ai pas écrit, mais les dernières semaines ont été aussi remplies que fatiguantes... Les semaines défilent et je me laisse entraîner par le rythme tranquille de la vie ici.

Le week-end du 28 et 29 juin a été marqué par le concert gratuit en plein air de Sigur Rós et de Björk, dans le cadre de Nattura. L'Islande fait face en ce moment à une polémique qui enfle : le pays acceuille de plus en plus d'industries lourdes (aluminium et acier en particulier) qui sont attirées par le prix ridicule de l'électricité. En fait, plus de 99 % de l'électricité du pays est produite par l'énergie hydraulique et par l'énergie géothermique, les ressources sont donc inépuisables et le pays prévoit même d'être énergie-indépendant en 2050. Et les industries sont les bienvenues dans un pays dont 60% des revenus à l'exportation dépendent de la pêche et de ses débouchés. Mais tout ceci, à quel prix ?

En 2002, le gouvernement a autorisé la construction du barrage de Kárahnjúkar, afin de fournir de l'électricité à une future usine d'aluminium. En 2009, le barrage sera terminé : 193 mètres de hauteur pour 8.5 million m3 de matériaux de remplissage. Et avec ceci, submersion de 65 km² de vallées et de terres humides, noyées par les différents lacs engendrés, réduction d'un quart de la réserve naturelle de Kringilsárran. Et lignes hautes-tensions sur les montagnes, reliant le barrage à l'usine.


On peut comprendre que cela puisse... effrayer. Après, c'est aux Islandais de juger si le jeu en vaut la chandelle.

« On proclame actuellement, et non sans arguments de poids, que les chutes d'eau du pays recèlent une partie de nos richesses futures – de celles qu'on évalue en kilowattheures. Mais il en va aussi du bonheur futur de la nation de se rappeler que les chutes renferment également des richesses qui ne se comptent pas en couronnes, mais en moments de félicité. »
SIGURÐUR ÞÓRARINSSON, 1978

Quoi qu'il en soit, ce samedi, tout Reykjavík, voire le pays s'était donné rendez-vous au parc pour le concert, qui débutait à 19h. Tout Islendingur qu'ils sont, ils étaient tous avec le pull Islandais, les lunettes de soleil extravagantes, la veste à la mode et le plaid pour s'allonger dessus. Avant l'arrivée des Sigur, on est restés tous allongés sur l'herbe, au soleil. Nos voisins avaient amené la bouteille de vin, dégustation dans des verres à pied en plastique. Autour, les uns allaient chercher leurs hot-dogs si tradi, les autres la bière locale. Ambiance lazy under the sun... Puis les Sigur sont arrivés, mouvement, musique, on se lève et on se laisse emporter par la puissance acoustique et émotionnelle de ces garçons si particuliers. J'ai plané pendant 45 minutes non-stop, depuis le temps que je me dis qu'un jour j'écouterais leur musique née de la beauté de l'Islande sur cette terre même, c'était fait. Cette musique, c'est la mise en sons de ce que l'on ressent, les yeux ouverts sur l'Islande : l'écouter, c'est être soulagé de ces sentiments, et redistribuer l'énergie qu'ils contiennent. En bref, c'était fort.




Il faut toujours avoir des Converses roses sur soi pour se faire repérer dans la foule. Mais toujours rester tranquille !


S.R.

Pour la chanson Gobbledigook, Björk et amiina sont venus se joindre au spectacle, avec chacune le tambour. Leurs interludes en Islandais ajoutait au charme du moment. Björk a enchaîné le spectacle, j'ai eu la bonne surprise de me laisser entraîner par toutes ses chansons, la plupart venant de Volta, que je n'ai pas encore écouté. Elle a terminé par une version électro de Declare Independance, pour préserver sa voix qui apparament avait pris un coup. On est rentrées à pied, comme on était venues, au milieu de la foule de nos chers Islandais, comme si la fête continuait encore... Le café où travaille le cinquième français de la maison, Julien, était sur le chemin. On s'est arrêtées boire un café et faire la fermeture du bar (décidemment). On a fait la connaissance d'un des piliers, un vieux pêcheur qui n'a plus de bateau alors, qui va se noyer dans la bière. J'ai la cote avec les vieux Islandais : "You are a good girl !"



On est rentrées à 2h30 du mat à la maison, avec la ferme intention de ressortir après avoir... dîné. Mais finalement, la motivation nous a lâchement abandonnée et on s'est couchées, lorsque j'ai tiré les (minces) rideaux de mes fenêtres, la "nuit", c'était ça :



Dommage qu'on ne soit pas sorties le soir... Dans le centre, il y avait une Björk ivre au bras de Jonsí qui se disait qu'il était sans doute temps de rentrer chez elle...

lundi 23 juin 2008

22 juin -- Esja, way too easy.

Dimanche, place à l'action. Il était temps que je m'attaque à la montagne qui me nargue à chaque fois que je regarde de l'autre côté du port de Reykja. Les filles ont décidé de se joindre à l'aventure. Direction wilderness, ou plutôt la "balade" favorite des Reykjavikur dès que le temps le leur permet.


La fameuse Esja, plus en rouge le labo de la fac, et en vert la Maison.

Le vendredi, Gabriel m'avait déclaré que c'était une randonnée facile, juste un peu ardue à la fin, où on doit grimper avec des chaînes (tiens donc). Puis il a regardé mes chaussures (mes ballerines) et m'a dit "Tu sais.... Il faut des Adidas ou Nike quoi pour monter là-haut...". Quand je lui ai répondu que j'avais même des vraies chaussures de rando, il a paru soulagé. Je me demande vraiment pour qui on me prend.

Dimanche matin, réveil 9h, direction la station de bus ! Encore une fois, on a eu la démonstration de la gentillesse des Islandais, et de leur confiance : ici, pas de tickets de bus, même pour les correspondances, et ils nous ont toujours indiqué où descendre. On a fait un trajet de 40 min, à longer la mer, avant d'atterir... au pied d'Esja (909 m). Nous les randonneuses non expérimentées, on s'est dit que 909 m, c'est pas mal quand même. Et puis quand on a levé la tête en bas d'Esja, on s'est dit que, ouais, c'était vraiment énorme quoi...

Hophophop, on a commençé l'ascension. Pour se donner du courage (ou totalement perdre espoir) on a osé demandé à des descendeurs combien de temps il fallait pour aller on top. "Deux heures." Eaaasy ! On a passé les checks-points, toujours grimpant. En face : la montagne, pouh il faut encore grimper. Derrière : ... ouah, quel spectacle.






Fanny, Mathilde et Anne.







On a fait notre chemin, en faisant une pause déjeuner au milieu de la mousse. Pendant le trajet, on s'est fait dépassé autant par des randonneurs fully équipés que par des familles en baskets (!). Comme quoi, sympa la balade dominicale. La fin de l'ascension s'est avérée sportive : c'était de la grimpe directement sur les rochers, avec parfois une chaîne pour te tenir. Hum, sympa le ravin juste à côté, 900 m de descente d'un coup ! Puis on y est arrivées, du vent, du soleil, le cahier des survivants à remplir, et le paysage... La mer, Reykja, la neige, la montagne, le vert et le bleu. Tout ça tout à la fois et tout d'un coup. Les frissons de peur ont été remplacés par les frissons d'émerveillement.



On a continué à marcher, explorer le sommet de cette montagne qui nous a nargué d'en bas, voir ce qu'elle cache sur son crâne pelé. De la mousse, des rochers, un sol jamais expérimenté pour un sentiment de marcher sur la Lune. Les seules en haut de cette Esja, à voir la pluie tomber là-bas, la neige éternelle autre part... On a rencontré la paix.








La descente a été peut-être pire que la montée, mais on s'est arrêtées à mi-chemin pour une pause qui s'est transformée en sieste. Il y en a même qui ont ronflé mais je ne balancerai pas ! (En tous cas, c'est pas moi !). Il était 16h, le soleil donnait de nouvelles couleurs au paysage, de nouvelles familles s'attaquaient à Esja, d'autres la montaient en courant pour la troisième fois d'affilée... Toute la faune humaine parmi la flore botanique. Et on a pas croisé un seul touriste !











On est arrivées à 17h15 en bas, pour un départ à 11h45. Crevées, mais satisfaites et fières. On s'est dit qu'on avait faim quand même. Et puis, une Islandaise est venue vers nous et nous a parlées en Islenska (ouais on fait couleur locale !). Elle nous a tendu son carton de pizzas... qui contenait 4 parts chaudes. De la gentillesse, encore, et un sourire, toujours. Cette journée a été belle, de la beauté des gens et de la beauté de la nature. On est en Islande !